L'Attaque des Pigeons Destructeurs
Sans perdre une seconde, le Pr Taÿ-Danlar descendit coup sur coup tous les pigeons qui tentèrent de pénétrer dans le magasin, tandis que la gérante invitait les réfugiés à la suivre dnas
l'arrière boutique.
- Non, je reste avec le Professeur, s'écria Anne comme on l'entraînait par la manche.
- Vous avez la radio sur votre portable? demanda-t-il.
Anne réfléchit: son nouveau portable épilait les poils du nez, réchauffait les tasses de café et calculait les cycles de météores, mais non, il ne faisait pas radio. Avec une moue navrée, elle
secoua la tête.
- Mince, jura le Professeur. Est-ce que vous avez une mini-station satellite portable?
Avec empressement, Anne extirpa de son petit sac à main une encore plus petite mini station satellite
portable, et tandis qu'elle prenait le relais du Professeur en faisant un carton avec son Uzi d'occasion, celui-ci tenta de contacter la base scientifique de Terre-Neuve d'où toutes les
catastrophes naturelles du monde étaient suivies avec attention. Il dut patiener une bonne dizaine de minutes au standard, car il s'était trompé de numéro de menu indiqué par le serveur vocal,
mais finalement il put parler à quelqu'un. Lorsqu'il raccrocha, son visage pensif ne parut pas à Anne de très bonne augure.
- Alors? demanda-t-elle, inquiète. Qu'est-ce qui se passe?
Se prenant la tête dans les mains, le Professeur poussa un long soupir.
- Nous sommes finis! gémit-il. Tout Paris est en état de siège: les pigeons tiennent le trottoir et la chaussée. Comme si cela ne suffisait pas, les Etats-Unis craignent que les pigeons ne
traversent l'Atlantique et ont décidé de raser la ville!
- Oh non! cria Anne. Si Les Américains rasent la ville, je ne reverrai plus jamais Jean-Daniel.
A cette pensée, l'angoisse la saisit, mais elle ne se laissa pas submerger.
- Il faut trouver une solution, dit-elle d'un ton décidé.
- Oui, mais nous allons bientôt être à cours de munitions...
- Les chaussures! cria-t-ele soudain.
Tout un rayon de la boutique offrait de magnifiques escarpins à talons aiguilles. Sans trembler malgré le geste sacrilège, elle saisit une chaussure et la lança habilement à la tête d'un pigeon
menaçant.
- Bravo, je n'y aurais pas pensé, murmura le Pr Tay-Danlar.
Aussitôt, il l'imita et ils purent ainsi repousser un nième assaut des volatiles malveillants.
Soudain, des cris perçants leur parvinrent, et en jetant des regards prudents sur la rue, ils aperçurent un groupe de plusieurs dizaines de personnes faisant tournoyer des épées, des sabres et
des lances. Chacun de leurs mouvements projetait de part et d'autre de la rue des giclées de sang et des morceaux de pigeons nettement tranchés.
- Ô miracle! s'écria le Professeur en leur faisant signe. Ce sont les maîtres d'armes des écoles d'arts martiaux qui combattent cette vermine ailée! Il pleut des boyaux de pigeons! Nous devons
les soutenir.
Joignant le geste à la parole, il sortit de la boutique sous une rafale de pistolet mitrailleur. Anne le suivit courageusement, scrutant le groupe infatigable qui se frayait un chemin dans un
tourbillon de plumes ensanglantées. Soudain, son coeur bondit dans sa poitrine, et elle se mit à courir vers eux.
- Jean-Daniel! appela-t-elle.
Un des sabreurs se tourna vers elle et lui sourit.
- Anne!
Ils se jetèrent l'un dans les bras de l'autre et s'embrassèrent tendrement, tandis que les cadavres de pigeons pleuvaient autour d'eux.
- Je croyais que je ne te reverrais plus, soupira Anne.
- Moi aussi, j'ai eu peur, avoua Jean-Daniel tranchant vivement un volatile à la volée.
Tous deux gonflés d'une nouvelle force, ils se jetèrent à nouveau à corps perdu dans la bataille.
KAB
Les textes publiés sur ce blog sont de ma création. Bien entendu, toute ressemblance avec d'autres fictions, des faits ou des personnes réelles est tout à fait fortuite.