Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /2008 12:34

Une façon bien pratique d’apprendre ou de perfectionner l’usage d’une langue est l’échange de conversation. J’ai fait plusieurs échanges de conversation avec différentes personnes, et j’ai pensé à 10 points qui m’ont paru importants.

 

1. Trouver le bon partenaire

Cela va vous paraître évident, mais ça ne l’est pas vraiment. Trouver le bon partenaire est très important car des personnalités trop différentes ou des attentes incompatibles peuvent ruiner votre projet et vous laisser un goût amer. Par exemple : j’ai accepté une fois de rencontrer un partenaire de conversation qui prétendait avoir 29 ans alors qu’il en avait sans doute plutôt 45, et qui n’a pas arrêté de me poser des questions personnelles (religion, style de vie, etc) et de critiquer mes points de vue. Vous ne pouvez pas plaire à tout le monde. La réciproque est aussi. Evitez donc de vous engager dans un projet avec quelqu’un qui vous pousse à bout.

 

2. Etablir les objectifs et identifier le niveau

Parfois, on peut se retrouver dans la situation délicate d’un échange bancal : vous donnez une langue que votre partenaire connaît peu ou pas du tout, ou alors vous débutez alors que votre partenaire s’attend à converser tout de suite. Si l’un ou l’autre ne progresse pas assez vite, vous risquez de vous ennuyer. Il faut bien mettre les choses au point dès le départ, et surtout mesurer la motivation de votre partenaire et ne pas surestimer la vôtre.

 

3. Se munir de quelques outils

Ça va vous faire sourire, mais un partenaire qui vient sans un stylo ou un carnet pour prendre des notes n’est pas sérieux ("Touriste!"), à moins d’avoir la mémoire d’un joueur de go. Outre de quoi noter, il faut prévoir un livre et une stratégie de travail : écrit, oral, recherche thématique lexicale, etc. Vous trouverez quelques outils sur le site du CDDMD. C'est lourd et parfois risqué dans certains coins, mais travailler avec l'ordinateur peut être une option.

 

4. Rester motivé(e)

Parfois, le partenaire de conversation se lasse ou cale dans son apprentissage. Ne pas hésiter à changer de stratégie, en changeant de lieu, de thèmes, d’outils… De votre côté, il faut également que votre rôle vous plaise. En cas de perte totale de motivation, investissez-vous différemment mais pas moins dans l’apprentissage/enseignement. Si, par exemple, vous aviez lhabitude de créer desexercices élaborés, contentez-vous d'une simple description d'image avec recherche du champ lexical...

 

5. Echanger des médias

Pour avoir les mêmes références, comprendre et vous faire comprendre de votre partenaire, n’hésitez pas à lui transmettre films, chansons, supports divers, etc qui sont considérés comme des références culturelles. Par exemple : transmettre le film des « Tontons flingueurs Â» quand vous abordez l’argot français, ou un CD de Dalida pour expliquer ce que veut dire le mot  Â« kitsch Â» ;-)…

 

6. Pas d’échange unilatéral

Si vous demandez un échange, c’est parce que vous allez donner des cours et en recevoir. Il faut donc à tout prix refuser de tomber dans le piège de l’urgence : quelle que soit l’inquiétude ou la difficulté d’apprentissage de votre partenaire, n’acceptez pas de faire l’impasse sur l’une des deux langues à échanger ! Vous finiriez par vous sentir lésée ou par ne plus progresser, ce qui mettrait K.O. votre motivation.

 

7. Se remettre en cause

Vous n’avez pas la science infuse : il peut arriver que vous vous trompiez, et que la logique de votre partenaire de conversation vous le démontre. Acceptez vos erreurs et profitez-en pour féliciter votre partenaire pour son attention.

 

8. Etre fiable

C’est plus facile à dire qu’à faire, mais il faut être fiable : si vous annulez ou reportez les séances à chaque fois, vous risquez de perdre, en plus d’un créneau horaire adapté, la confiance de votre partenaire et le confort de la progression régulière. Si vous êtes naturellement girouette ou constamment submergé(e), et que vous progressez quand même, dites-moi votre secret â€¦

 

9. Travailler à la maison

Comme pour l’école, il faut travailler à la maison. C’est inutile de compter sur vos souvenirs de la fois ou de la semaine précédente pour vos conversations (surtout si vous avez égaré vos notes et que vous ne les avez pas relues...). Ma recette personnelle est d’étudier avec une méthode chez moi et me faire mousser par mes partenaires de conversation (quand je me souviens de ce que j’ai étudié, et c’est pas toujours gagné). Faire des phrases chez soi en faisant la cuisine ou le ménage, ou bien au lieu de regarder la télé, peut s’avérer assez profitable. Si votre partenaire est sympa et impliqué, vous pouvez lui proposer de corriger vos « devoirs à la maison Â», mais ces corrections ne seront utiles que si vous les relisez.

 

10. Amusez-vous !

Rien n’empêche des partenaires d’échange de conversation de devenir amis ! Lorsque ça se fait naturellement, c’est un excellent moyen de progresser, car votre partenaire a, du coup, une personne à qui parler la langue vous lui apprenez… c’est génial ! Et puis c’est pratique pour aller en vacances dans son pays : ça fait des frais d’hôtel en moins ;-b !

KAB

 

Par Kim Ann Burden - Publié dans : Interaction! - Communauté : Communauté des Langues Agiles
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