Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /2009 14:10

 

A présent, vous savez que celui que l'on surnomme le Voyageur et que l'on craint aujourd'hui de croiser au détour d'un monde ou d'une porte, n'était en fait à ses débuts qu'un simple humain, sans pouvoir magique, sans connaissance ésotérique, sans même la conscience de l'immense  diversité de la vie.
Les Gardiens reconnaissent en lui une énigme non encore élucidée, mais s'il est une chose don nous sommes sûrs à son sujet, c'est la manière dont il a acquis le pouvoir de télékinésie...



Après son retour inespéré de Byi'ar Ghitz, Antoine tomba gravement malade. Dans le monde des humains, le temps ne s'était pas écoulé de la même manière que sur le monde hostile qu'il venait de quitter. Il fut donc très surpris de se rendre compte que, pour les deux semaines qu'il avait endurées loin des siens, il n'avait été absent de sa réalité habituelle qu'une petite demi-heure. Perturbé et croyant à peine ses propres paroles, il essaya de relater à son amie incrédule l'horrible expérience qu'il venait de faire, mais il ne parvint pas à se faire comprendre. Anne-Lise le crut ivre, puis lui reprocha son inconséquence, et elle ne voulut en entendre parler. Le lendemain, la dépression et le désespoir le saisirent si fort qu'il ne put aller en cours. Les médecins, les médicaments et les conseils n'y firent rien: en plus de se battre contre l'incrédulité de son entourage, Antoine luttait contre le souvenir du Byi'arien qu'il avait dû tuer pour quitter le monde maudit

. Incapable de se rendre en cours ou de supporter la moindre conversation, même anodine avec ses amis, il s'isolait progressivement dans ses pensées morbides.

. Incapable de se rendre en cours ou de supporter la moindre conversation, même anodine avec ses amis, il s'isolait progressivement dans ses pensées morbides.

 

. Incapable de se rendre en cours ou de supporter la moindre conversation, même anodine avec ses amis, il s'isolait progressivement dans ses pensées morbides.

 

 

Deux semaines après son retour, il se résolut à sortir de chez lui et se mit à errer dans la ville. Il faisait beau, il marcha pendant des heures sans sentir la fatigue. Et sans surprise, il se retrouva en haut de l'escalier jonché de seringues. Il considéra longuement la lourde porte, faillit faire demi-tour plusieurs fois, avant de se décider à descendre les marches. Comme il se rapprochait, il entendit des éclats de voix et des sons étranges. Prudemment, il franchit les derniers mètres qui le séparaient de la porte qui était restée entrouverte, et écouta. Deux hommes se disputaient violemment; il reconnut la voix du passeur. Les mains moites, Antoine tira un peu la porte et jeta un regard furtif à l'intérieur. Un homme brun vêtu d'un long manteau sombre à capuche et d'un sac à dos, se tenait debout près du bassin. Le passeur, face à lui, semblait en proie à une douleur intense. Ses grognements et ses gémissements ne semblaient pas attendrir l'homme en noir, qui l'observait, les bras croisés. Soudain, le passeur tomba à genoux, et Antoine le vit porter ses mains à son visage. Lorsqu'il les enleva ensuite, il regarda, pétrifié, la peau du visage suivre lentement le mouvement des mains, comme si elle s'était détachée. Réprimant une brusque envie de vomir, Antoine plaqua une main sur sa bouche et déglutit. L'homme en noir tourna la tête vers la porte. Paniqué, Antoine s'en écarta vivement et hésita plusieurs secondes avant de remonter les escaliers. Il n'était pas arrivé à mi-chemin qu'il entendit la lourde porte claquer et une voix grave l'appeler.

- Toi, le curieux, ne bouge plus!

Son instinct lui ordonnant plutôt le contraire, Antoine gravit quelques marches de plus avant de s'arrêter, médusé. L'homme en noir le fixait à présent du haut de l'escalier.

- Que fais-tu ici? Demanda-t-il d'une voix rude.

Antoine hésita. Les cris du passeur résonnaient à présent dans la ruelle.

- Je ne suis pas avec lui, murmura-t-il.

- Ce n'est pas ce que je t'ai demandé, répliqua l'homme.

Sur ces paroles, il descendit une marche, et Antoine crut voir qu'il portait un jeans sous son manteau noir. A nouveau, Antoine fut pris de nausée.

- Je venais voir voir ce type, expliqua-t-il avec empressement.

- Pour quelle raison?

L'homme semblait s'impatienter. Antoine descendit d'une marche.

- Ce mec m'a fait voyager et... j'ai pas trop aimé, répondit-t-il.

L'homme resta silencieux. De là où il était, à cause de sa capuche, Antoine ne pouvait voir son visage.

- Et tu croyais sincèrement pouvoir revenir ici et lui faire la peau? Demanda l'homme sur un ton moqueur.

Antoine ne répondit pas. Il savait bien qu'il n'aurait eu aucune chance contre le passeur, mais la colère l'avait guidée jusqu'à cette porte maudite, et il n'avait pu y résister.

- Où t'avait -il envoyé? Demanda encore l'homme en noir.

- Byi'ar Ghitz, répondit-il en frissonnant.

Avec un long sifflement, l'homme éclata de rire.

- Il ne t'a pas loupé, l'enfoiré! Commenta-t-il. Je suppose que c'était ton premier voyage. Si tu es revenu, c'est que tu as dû payer le tarif habituel.

Antoine baissa la tête et acquiesça. A sa grande surprise, l'homme poussa un long soupir et dévala rapidement les marches pour le rejoindre. Avant qu'il ait pu prévenir son geste, Antoine fut happé et entraîné vers la cave, dont la porte claqua lourdement derrière eux.

- Reste tranquille, ordonna l'homme.

Antoine cessa de se débattre et attendit. Le corps du passaur se contortionnait sur le sol, non loin. Sa peau s'était décollée et pendait de ses vêtements ensanglantés en mains endroits.

- C'est le sort de l'Ecorché, déclara l'homme en indiquant la créature agonisante. La peau se détache du corps et il ne reste plus que la chair à vif. Le moindre mouvement, le moindre courant d'air est une torture. Je saais exactement ce qu'il ressent: on m'a fait cadeau de ce sort pour mes dix ans. Je n'y ai survécu que parce que j'ai beaucoup de chance.

Malgré les supplications d'Antoine, l'homme releva sa capuche.

- Je ne crains rien de toi, dit-il comme Antoine détournait les yeux. Et je n'ai pas l'intention de te faire le moindre mal.

Antoine fut frappé par la beauté de l'homme, dont les traits anbigus lui parurent exceptionnels. Son visage fin, imberbe, était cerné de cheveux bouclés, noirs comme l'encre de Chine, et ses yeux tout aussi noirs, semblaient appartenir à un autre monde. Ses pommettes, ses lèvres, même sa peau, tout attirait le regard. S'il n'avait pas vu de quoi cet homme était capable, Antoine aurait sans doute été subjugué.

- Je m'appelle Persius, dit l'homme avec un sourire charmeur.

Antoine sentit le sang lui monter aux joues.

- Antoine, dit-il en détournant à nouveau les yeux. Je... Je ne suis pas...

Persius éclata de rire.

- Ne te fie pas aux apparences, dit-il en se débarrassant de son manteau, qu'il rangea consciencieusement dans son sac à dos.

En chemise à carreaux et en jeans, il paraissait déjà moins intimidant.

- Tu es sorcier? Damanda Antoine en le suivant hors de la cave lugubre.

- Pas exactement, mais contrairement à toi, je n'ai pas besoin de sacrifier des vies pour voyager entre les mondes car, vois-tu, la magie est en moi. Ça te dirait de voyager avec moi?



La suite à la prochaine connexion!

KAB

 

Par Kianbu - Publié dans : Gardiens des Mondes Fantasy - Communauté : Gardiens des Mondes Fantasy
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